La Suède est aujourd'hui considérée comme l'un des exemples empiriques les plus marquants de la courbe de Laffer. Après avoir atteint des sommets de pression fiscale dans les années 1980 et 1990 qui l'avaient placée dans la "zone prohibitive" (où l'excès d'impôt détruit les recettes), le pays a opéré un virage structurel majeur. En allégeant massivement la fiscalité sur le capital et les entreprises, la Suède a vu ses recettes fiscales réelles augmenter et sa dette publique chuter drastiquement. [1, 2, 3, 4, 5]

Voici comment la situation suédoise se décline concrètement :
1. Le constat historique du "trop d'impôt"
Jusqu'aux années 1990, la Suède affichait des taux marginaux d'imposition du revenu frôlant ou dépassant les 80-90 %. Plusieurs études économiques, dont celles de l'économiste Jacob Lundberg, ont démontré que la Suède avait alors largement dépassé le sommet de sa courbe de Laffer. Ce niveau d'imposition décourageait le travail, favorisait l'évasion fiscale et provoquait la fuite des capitaux et des grandes fortunes (à l'image des fondateurs d'IKEA ou de Tetra Pak). [1, 6, 7]
2. Les réformes et le retour du "bon côté" de la courbe
Pour redresser ses finances, l'État suédois a appliqué l'effet Laffer à travers des réformes drastiques de libéralisation : [1, 5]
- Suppression des impôts punitifs : Les droits de succession et de donation ont été abolis en 2004, suivis par l'impôt sur la fortune (ISF) en 2007. [1]
- Impôt sur les sociétés (IS) compétitif : Le taux de l'IS a été progressivement abaissé à 20,6 %. Malgré un taux inférieur à celui de pays comme la France (25 %), Stockholm encaisse proportionnellement plus de recettes fiscales liées aux entreprises, car l'activité et l'assiette fiscale y sont beaucoup plus dynamiques. [1, 2]
- Flat tax sur le capital : Instauration d'un taux unique de 30 % sur les revenus du capital, incitant au réinvestissement local. [1, 8]
3. Les résultats macroéconomiques
Grâce à ce changement de paradigme, la Suède affiche un bilan financier remarquable : [5]
- La pression fiscale globale est passée de plus de 50 % du PIB en 2000 à environ 41,4 %.
- Ce dégonflement fiscal a stimulé le retour des investisseurs et la création d'entreprises.
- Entre 1995 et 2025, le ratio dette/PIB de la Suède s'est effondré de 68,8 % à 34 %. [1, 5]
Bien que la fiscalité sur les revenus du travail reste élevée pour les hauts salaires (avec un taux marginal supérieur combiné proche de 52-55 %), la Suède a magistralement prouvé qu'en baissant la fiscalité sur les entreprises et le capital, elle pouvait générer une croissance plus forte, élargir son assiette fiscale, et ainsi augmenter durablement ses recettes budgétaires globales. [1, 5]
Souhaitez-vous approfondir un aspect particulier, par exemple :
- Une comparaison chiffrée entre la trajectoire budgétaire de la Suède et celle de la France ?
- Le détail des modèles économiques (comme l'étude de Lundberg) qui mesurent ce taux maximal ?
- L'impact de ces réformes sur le modèle social suédois ?