1. Théorie sur les origines de l’Islam (Livre : In the Shadow of the Sword, 2012)
Tom Holland remet en cause la narrative traditionnelle de l’émergence de l’islam au VIIᵉ siècle, en s’appuyant sur des sources archéologiques, numismatiques et épigraphiques souvent négligées par l’historiographie classique.
Points clés de sa thèse :
- Absence de preuves archéologiques claires : Peu de traces matérielles (mosquées, inscriptions en arabe) datées des premières décennies de l’islam (622–650) en Arabie. Les premières inscriptions arabes mentionnant Mahomet ou le Coran apparaissent dès les années 690, soit 70 ans après la mort supposée du Prophète.
- Influence des traditions juives et chrétiennes : Holland suggère que l’islam aurait émergé dans un contexte où les communautés juives et chrétiennes (notamment les chrétiens nestoriens ou monophysites) de la région (Syrie, Palestine, Arabie) auraient joué un rôle majeur. Le Coran contiendrait des réinterprétations de récits bibliques (comme l’histoire de Moïse ou de Jésus), adaptés à un public arabe.
- Contexte politique et militaire : La rapide expansion des armées arabes (conquêtes du VIIᵉ siècle) aurait précédé la formalisation religieuse de l’islam. Les califes omeyyades (661–750) auraient standardisé la foi islamique pour unifier leur empire, en s’appuyant sur des textes préexistants.
- Critique des sources islamiques traditionnelles : Les hadiths (recueils de paroles de Mahomet) et les premières biographies du Prophète (Sira) auraient été compilés ou réécrits bien après les faits (à partir du VIIIᵉ–IXᵉ siècle), sous l’influence des dynasties au pouvoir (Omeyyades, Abbassides).
Exemple concret :
La Pierre de la Kaaba (à La Mecque) était à l’origine un lieu de culte païen dédié à des divinités comme Al-Lat ou Al-Uzza. Holland suggère que Mahomet aurait intégré ces traditions locales dans le monothéisme islamique,