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Un article de BILD Zeitung en français : Anas Zayed Fteiha et l'art de la propagande

Bild

Gaza – Le photographe Anas Zayed Fteiha met en scène la souffrance réelle des Palestiniens pour l’opinion publique mondiale – au profit du Hamas et de sa propagande.
Cette photo a été prise dans le cadre d’un documentaire, durant lequel le photographe a été suivi.


Photo : Anadolu Agency/IMAGO

Moritz J. Müller
Hans-Jörg Vehlewald
Aaron Deuser

05.08.2025 - 09:16

Berlin – Des enfants émaciés, des mères désespérées, et des gens qui mendient de la nourriture avec des casseroles vides : ces photos de Gaza font le tour du monde. Elles émeuvent des millions de personnes – et influencent la politique internationale.

Mais une enquête de la Süddeutsche Zeitung remet aujourd’hui ces images en question : certaines photos de Gaza sont-elles délibérément mises en scène – et font-elles partie d’une stratégie de propagande des terroristes du Hamas ?

La faim est (presque toujours) bien réelle – mais les images ne le sont pas toujours totalement. Ainsi, une photo largement diffusée montrait récemment des gens désespérés devant une distribution alimentaire sur un camion. Face à eux : le photographe Anas Zayed Fteiha, « journaliste » indépendant travaillant pour l’agence de presse turque Anadolu.

Les gens agitent leurs casseroles et reçoivent peu après de la nourriture. MAIS : Fteiha ne semble pas diffuser ces images, et n’a pas répondu aux sollicitations de BILD pour préciser quelles photos il a prises sur place.

Anas Zayed Fteiha diffuse apparemment surtout des photos de Gaza montrant des femmes et des enfants en gros plan souffrant.

La scène, captée aussi par d’autres photographes, montre surtout des hommes adultes attendant la nourriture – et la recevant.

Fteiha n’en aurait-il pas l’usage ?

Ses clichés – diffusés par Stern et New York Magazine, CNN et BBC, Deutschlandfunk, Junge Welt et même BILD – préfèrent montrer le chaos, la destruction, et surtout : des enfants, des mères, et la souffrance en gros plan, avec un éclairage parfait.

Il est vrai que la souffrance des civils à Gaza est immense. Beaucoup ont été tués dans la guerre du Hamas contre Israël, beaucoup ont faim. Mais la mise en scène de la détresse sert souvent les intérêts du Hamas et de sa propagande.

Car Fteiha aurait visiblement une mission : « Free Palestine » (« Libérez la Palestine »). C’est ce qu’on peut lire sur une peinture emphatique qu’il présente sur son compte Instagram – vêtu d’un gilet de combat marqué « Presse ». L’« artiste » qui a créé l’image pour Fteiha est un antisémite déclaré.

Une autre vidéo porte le titre « Fuck Israel ». Rien d’étonnant : Fteiha est également actif au sein de europe.palestine.network, un « collectif pro-palestinien » pour des « actions mondiales en Europe » – qui ne se contente pas de documenter la souffrance des Palestiniens à Gaza, mais promeut aussi internationalement la « résistance » contre Israël.

Un photographe travaillant pour l’ennemi d’Israël : Erdoğan

Un militant, déguisé en photographe et vidéoreporter, au service d’une agence de presse directement sous le contrôle du président turc Recep Tayyip Erdoğan (71), ennemi déclaré d’Israël, qui a, pendant des années, soutenu, financé et abrité des terroristes du Hamas.

En janvier 2025, Fteiha publie sur Instagram une vidéo portant les mots « Fuck Israel ».


Photo : Instagram

Reste la question : pourquoi les agences de presse allemandes et internationales utilisent-elles les photos d’un tel militant, alors que beaucoup de ses images sont manifestement orientées ou mises en scène ?

BILD a interrogé des agences de photo. La Deutsche Presse-Agentur et l’Agence France-Presse affirment ne pas travailler avec Fteiha et vérifier attentivement les images d’autres photographes ainsi que leur réputation avant publication. Reuters déclare que ses photos « respectent les normes de précision, d’indépendance et d’impartialité ».

Le syndicat allemand des journalistes (DJV) prévient : les belligérants utilisent les images à dessein – pour influencer l’opinion publique. Professionnellement. Stratégiquement. Émotionnellement. Cela vaut aussi pour Israël, qui n’autorise actuellement aucun reporter indépendant à entrer à Gaza.

Le Hamas contrôle toutes les images

Conséquence : dans la bande de Gaza, presque seuls des photographes palestiniens travaillent – un certain nombre ayant des liens avec le Hamas. L’historien et expert en photographie Gerhard Paul, dans la Süddeutsche Zeitung : « Dans le sud de Gaza, le Hamas contrôle la production d’images à 100 %. » Objectif : susciter la compassion en Occident, attiser la colère contre Israël.

Et ça marche ! Peu de groupes sont aussi habiles en matière de propagande que le Hamas et d’autres organisations terroristes palestiniennes. Déjà en 2002, l’ancien chef palestinien Yasser Arafat († 75, 2004) se montrait, après l’occupation de la Cisjordanie par l’armée israélienne, dans sa « forteresse » à Ramallah, à la lueur de bougies et de lampes de poche – l’image d’un combattant solitaire de l’OLP désespéré dans l’obscurité...

Tout était faux : en 2002, Arafat posait dans un décor fabriqué, complaisamment mis en scène par des photographes de presse.


Photo : REUTERS

Une pure astuce de propagande. Mais déjà à l’époque, beaucoup d’agences n’avaient pas remarqué que les vidéoreporters, dans la « prison » d’Arafat, n’avaient créé l’effet que parce qu’ils avaient éteint toutes les lumières à batterie des caméras. Les vidéos montraient le chef de l’OLP quelques minutes plus tard, baigné dans une lumière éclatante – car « la presse » s’était entendue pour permettre ce « coup » visuel.

12/08/2025

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